Groupe Thématique
Contention et isolement
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), l’isolement consiste à séparer un patient des autres et à l’enfermer dans un espace dédié et adapté.
Il existe plusieurs types de contentions, physique et mécanique… Seule la contention mécanique est abordée dans la recommandation de bonne pratique publiée par la HAS. La contention mécanique est définie par l’utilisation de tous moyens, méthodes, matériels ou vêtements empêchant ou restreignant les capacités de mouvements volontaires de tout ou partie du corps du patient.
En 2025, le groupe thématique Isolement et Contention a constitué un espace pluridisciplinaire de réflexion et de travail consacré à l’analyse, à la prévention et à la réduction des pratiques coercitives en psychiatrie, dans une perspective éthique, clinique et organisationnelle.
Dès le début de l’année, les travaux se sont structurés autour des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP), identifiées comme un levier majeur de réduction du recours à l’isolement et à la contention. Les échanges ont permis de clarifier le cadre conceptuel et le vocabulaire (DAP, plans de crise conjoints, plans de prévention partagés) et de souligner l’intérêt de ces dispositifs en amont ou en fin d’hospitalisation. Des données issues de la littérature ont été discutées, mettant en évidence une diminution significative des hospitalisations sous contrainte lorsque les DAP sont mises en œuvre, en particulier lorsqu’elles associent patients et pairs aidants.
Un axe central de l’année a porté sur la construction d’un questionnaire régional visant à établir un état des lieux des pratiques coercitives, de leur diversité d’usage et des alternatives existantes au sein des établissements membres de Psynovia. Ce travail collectif a mobilisé des réflexions méthodologiques approfondies (formulation des items, biais de désirabilité sociale, échelles de réponse) et a intégré la perspective d’un croisement avec des données issues du Système National des Données de Santé (SNDS) afin de renforcer la robustesse de l’analyse.
Les réunions ont également permis de valoriser des retours d’expériences et programmes innovants, notamment le programme PLAID-CARE, mettant en évidence trois leviers essentiels pour le développement d’alternatives à la coercition : la qualité de la relation de soins, la cohésion des équipes, et l’environnement de vie proposé aux patients. Ces leviers impliquent un fort soutien institutionnel et une organisation adaptée, incluant la co-construction d’espaces d’apaisement et l’implication des usagers.
Une attention particulière a été portée au vécu des patients. Des témoignages directs et des travaux de recherche en éthique ont enrichi la réflexion sur l’impact subjectif de l’isolement et de la contention, la vulnérabilité partagée dans la relation de soins, et l’importance du débriefing post-isolement, notamment comme outil de formation des professionnels.
En fin d’année, le groupe a engagé la phase opérationnelle de l’étude régionale, avec l’identification d’établissements pilotes pour tester le questionnaire avant diffusion élargie, et la projection d’une journée régionale d’échanges de pratiques et de restitution des résultats.
Référents
Mme Victoria-Isabel FERNANDEZ , Psychologue
Dr Sylvie DUBREUIL , Psychiatre