Groupe Thématique
Autisme
Selon l’HAS, le trouble du spectre de l’autisme est l’un des troubles neurodéveloppementaux (TND). Les critères diagnostiques actualisés par le DSM-5 sont définis dans deux dimensions symptomatiques qui sont : les déficits persistants de la communication et des interactions sociales observés dans des contextes variés ; le caractère restreint et répétitif des comportements, des intérêts ou des activités. Cette définition, dimensionnelle, est complétée par un niveau de sévérité selon le niveau de l’aide requise. La définition nécessite de spécifier si les conditions suivantes sont associées au TSA : « déficit intellectuel, altération du langage, pathologie médicale ou génétique connue ou facteur environnemental, autre trouble développemental, mental ou comportemental, ou catatonie ». Cette définition remplace celle, catégorielle, de troubles envahissants du développement (TED) de la CIM-10, en l’attente de la CIM-11.
En 2025 : Dans le cadre de la promotion des bonnes pratiques en santé mentale et de l’amélioration des parcours de soins, un groupe thématique dédié à l’autisme (Trouble du Spectre de l’Autisme – TSA) s’est réuni à plusieurs reprises. Les travaux ont porté à la fois sur les besoins en formation, le développement de projets de recherche, l’innovation clinique et la participation active des personnes concernées.
Les échanges ont mis en évidence une demande croissante de formation sur l’autisme, notamment de la part des professionnels hospitaliers et de première ligne. Plusieurs orientations ont été définies afin de renforcer les compétences cliniques, d’améliorer le diagnostic — en particulier chez l’adulte, avec ou sans déficience intellectuelle — et de diffuser les connaissances auprès des professionnels, des usagers et des aidants. L’importance d’une formation ancrée dans la pratique, appuyée sur la littérature scientifique et intégrant les usagers, a été soulignée.
Une place centrale a été accordée à la recherche participative. De nombreux projets ont été présentés ou initiés, notamment autour des dimensions sensorielles, de la dysrégulation de l’humeur, des troubles graves du comportement, de la fatigabilité et de la surcharge mentale. Plusieurs travaux intègrent directement les personnes autistes dans la co-construction des protocoles, y compris pour des publics non communicants. Des outils innovants ont été discutés, tels que des dispositifs sensoriels, des outils numériques de suivi clinique, des grilles de recueil des traitements et des effets indésirables, ainsi que des échelles psychométriques adaptées.
Le groupe a également travaillé sur l’optimisation du parcours diagnostique, en particulier par le développement d’outils de préconsultation, la numérisation des données et la réduction des délais d’évaluation. Les enjeux du diagnostic différentiel, notamment avec les troubles de l’attachement, ont fait l’objet d’une attention particulière, tout comme des thématiques spécifiques telles que la périnatalité chez les femmes TSA, la reconnaissance des émotions, la gestion de la violence, et la coordination entre les secteurs hospitalier et médico-social.
Enfin, un recensement des besoins en formation et en recherche a permis de structurer les projets en cours et à venir, d’identifier des thématiques prioritaires pour des revues de littérature et de favoriser l’implication des internes, étudiants et professionnels en formation. Des perspectives de collaboration régionale et nationale ont été évoquées, ainsi que le développement de dispositifs innovants tels que la téléconsultation, la télé-expertise et des plateformes numériques à destination des professionnels et des aidants.
Référents
Dr Emmanuel DAMVILLE , Psychiatre
Pr David DA FONSECA , Pédopsychiatre